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Les nouvelles pratiques de recrutement : trouvez un avatar sur Second Life

Comment dénicher la perle rare (avant son concurrent) ? Les pratiques de recrutement évoluent, nous avons décidé de vous présenter quelques nouveautés, qui complètent sans s’y substituer les « classiques » que sont l’approche directe, les job-boards, les candidatures spontanées ou encore la cooptation. Actualité oblige, nous consacrons ce premier article au recrutement sur Second Life.

Les entreprises recrutent des avatars

Au départ réservé aux geek, ces « mordus » de l’informatique, Second Life atteint aujourd’hui une communauté de plus de 7 millions « d’avatars ». Ce nouvel univers d’échange ne pouvait laisser indifférent les services marketing et communication des grandes entreprises : Toyota y a testé un nouveau modèle de voiture, IBM a installé des magasins dans lesquels les internautes peuvent faire leurs emplettes de PC. Mais dorénavant, les multinationales ne se contentent plus de tester leurs produits sur Second Life, elles partent également à la « chasse aux candidats ».

Le Concept

En mai dernier, une agence d’intérim fut la première société française a exploiter ce nouveau réseau avec la création d’agences Limitness Central et l’embauche à temps partiel de cinq « chasseurs », choisis non pour leur professionnalisme en matière de recrutement mais pour leur forte présence et implication dans le jeu (certains d’entre eux sont au chômage, d’autres ont une activité professionnelle). Le recrutement y est « passif » : les candidats viennent spontanément dans les bureaux virtuels pour échanger avec les recruteurs. La mission de ces derniers consiste à collecter le maximum d’informations lors des entretiens. Si un candidat présente un profil intéressant, son CV est transmis aux agences « réelles » en vue d’un entretien classique.

Autre manifestation de ce genre sur Second Life : du 19 au 21 juin 2007, une agence de communication en recrutement a organisé pour cinq grandes entreprises (Areva, CapGemini, Alstom, l’Oréal et Unilog) une vaste opération de recrutement ultra-médiatisée. Cinq recruteurs de chaque entreprise ont « tchaté » pendant 20 minutes en moyenne avec chacun des 675 candidats présélectionnés par le site neojobmeeting.com. Les personnes retenues devaient être convoquées à un deuxième entretien, physique cette fois.

L’intérêt du concept

Un tel événement présentes plusieurs intérêts :

- Evaluer un candidat sur ses compétences et sa motivation. Aucune attention n’est prêtée à l’apparence.

- Permettre aux entreprises de rencontrer un grand nombre de candidats en très peu de temps.

- Donner une image attrayante et moderne de l’entreprise. Ce point est en effet majeur, car quand on songe au recrutement, on pense trop souvent « sélection ». Or l’attractivité de « l’offre employeur » (corporate branding) et sa visibilité, sont des facteurs clés du succès d’un recrutement.

Le vivier de talents est tel que d’autres sociétés s’installent durablement dans Second Life ou créent leur propre salon de recrutement (Accenture en s’achetant une île pour 100000€ a ouvert son agence de recrutement, et BNP Paribas s’est lancée dans la « chasse » aux informaticiens les 26 et 28 juin dernier).

Les Limites

Toutes les entreprises ne peuvent utiliser un tel vecteur de communication pour leur recrutement : celles présentent sur Second Life témoignent d’un volume de recrutement important (l’Oréal souhaite recruter 2500 personnes cette année et Areva 7000 dans le monde dont 1500 en France). Par ailleurs, les frais se sont élevés à 20 000€ pour chaque entreprise ayant participé à l’événement du 19 au 21 juin. C’est donc une belle opération de communication, avec un budget en conséquence.

Pour autant, le recrutement sur Second Life permet-il réellement de lutter contre la discrimination (si tant est que ce soit l’objectif) ? Cela supposerait que les candidats présents sur le jeu soient le reflet fidèle de la société (le sont-ils ?) et que les critères habituels des recruteurs (expérience, diplômes) soient modifiés. Par ailleurs, la prise de recul n’est pas suffisante sur les résultats concrets : combien d’embauches réelles ? Ainsi, en mai dernier un événement similaire a été organisé aux Etats-Unis pour des entreprises telles que Microsoft, HP ; mais aucune embauche ferme n’a été réalisée pour le moment. Cela n’empêche pas certains spécialistes du recrutement de considérer Second Life comme « le chaînon manquant entre les sites d’emploi en ligne et les agences de recrutement ».

 
 
 
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